Willen's Craft épisode 8

Porte Willenscraft
Bonjour à tous! Le 31 approche est j'essaie d'avoir mon post d'Halloween prêt pour demain matin… En attendant je vous propose de lire un nouvel épisode de cette série, la première depuis la mise à jour. Ça faisait un moment que je n'avais plus posté… Je me rappelle d'ailleurs avoir eu une longue conversation à propos de Sergueï et pour ceux qui se posaient la question, il est un peu un mélange de trois inspiration. La première vient d'un type que j'ai connu quand j'avais autour de seize ans, un ancien militaire avec qui j'avais beaucoup de mal à m'entendre à l'époque, la deuxième vient de mon Prof d'Anglais du lycée, qui m'a donné plus de matière première pour ce personnage que n'importe qui d'autre. Je passais mes cours à prendre des notes sur lui et pas sur l'Anglais, honte à moi. Mais c'était tellement drôle. Et la troisième, je ne vous en parlerais pas pour le moment. Je vous laisse lire tranquilles… 

* * *

Résumé: Les cours ont repris à l’UW, Université prestigieuse s’il en est. La vie continue son cour et les étudiants ne se doutent pas encore de ce qui les attends d’ici l’année prochaine…

Ep8 personnages


* * *



       Elle passa une dernière fois un coup de gloss sur ses minces lèvres pourpres. Comme à l'accoutumée elle était seule dans les toilettes du troisième étage à huit heure du matin. Elle rangea le petit cylindre dans son sac, se recoiffa à l'aide de ses mains tout en vérifiant une dernière fois que son apparence était adéquate. Un petit rappel de dernière minute n'était jamais de trop. Son léger maquillage était parfait, sa chemise aux broderies argentées était du plus bel effet sous sa chevelure amarante élégamment attachée vers l'arrière. Seules ses deux longues anglaises tombaient de part et d'autre de son visage d'un ovale régulier. Une perle tenue par une chaîne dorée extrêmement fine venait garnir son décolleté. On vérifie que la frange tient bien en place et la journée peut réellement démarrer.

Elle prit une grande inspiration et sortit des toilettes en trombe. Perle Ioans pouvait alors entrer en scène, effacer cette rigidité presque militaire sur son visage, afficher son sourire charmeur et réchauffer ce regard froid qu'elle arborait tout le temps en privé. Son pas rythmé et extraordinairement sûr de lui résonnait à plusieurs mètres à la ronde à cause de ses talons hauts.

La jeune fille de vingt ans alla retrouver le reste des deuxième années de son groupe devant la salle de TD numéro dix. Son arrivée était toujours accompagnée des commentaires des garçons et des cris enthousiastes de ses amies qu'elle n'avait pas vues de toutes les vacances. D'une manière générale, elle était habituée à être le centre de toutes les attentions, que ce soit la jalousie de certaines ou le regard insistant de la gent masculine. Il était donc évident que son numéro devait être parfait, bien rodé, naturel et surtout ne jamais laisser croire qu'il y avait autre chose derrière le superbe visage qu'elle présentait jour après jour. On la complimenta sur le bon goût de son nouveau sac et bien sûr, tout le monde remarqua les chaussures que sa mère avait eu la bonté de lui offrir à Noël. La paire était restée bien en vue dans la vitrine du magasin le plus cher et le plus prisé de sa ville natale durant deux semaines. Autrement dit, la moitié de sa promo avait eu l'occasion de baver devant sans jamais pouvoir se les offrir. Et comme à chaque début de matinée, elle avait pris bien soin de ne pas être là trop tôt. Votre arrivée n'en était que plus réussie. Dès que les commérages prirent fin, tout le monde partit s'installer dans la petite salle aux murs de pierre. 

Toutes les portes étaient constamment ouvertes. Leur première heure était consacrée à leur option d'Histoire des relations économiques entre Art et Pouvoir tenue par le professeur Hogan qui les rejoignit à huit heure cinq très précisément. L'assemblée se tut.

« Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour à tous. »
Perle ne le connaissait pas, elle ne l'avait jamais vu puisqu'elle était en section Sciences économiques pour faire plaisir à sa mère. Elle le regarda poser ses documents de façon rigide sur son bureau devant l'immense tableau noir. La disposition des tables était tout à fait classique, en rangées, elle-même occupait la deuxième place sur la droite en partant de la porte pour faire bonne impression. Evidemment si elle se mettait tout au fond on ne pourrait pas la voir. Elle plaça une feuille de papier rose devant elle, ouvrit sa large trousse pour récupérer son stylo plume, puis en profita également pour allumer son mini-mp3 à écran caché parmi ses crayons et autres fournitures. Elle captait toutes les longueurs d'ondes et plusieurs chaînes dessus. Le son était retransmis dans l'oreillette en silicone couleur chair qu'elle avait glissé dans son pavillon droit, pendant qu'elle se refaisait une beauté dans les toilettes, à l'abri des regards. Certains cours pouvaient être tellement déprimants. Grâce à ce système elle pouvait garder un oeil sur des sujets plus réjouissants, évitant ainsi de piquer du nez quand les journées étaient trop longues. Elle adorait écouter plusieurs voix en même temps.

Hogan commença par la présentation de son option, les sujets qui allaient être abordés et l'organisation des notes. Il demandait un dossier d'une dizaine de pages pour chaque groupe étudiant et annonçait également qu'il y aurait en tout et pour tout trois devoirs sur table, mais un seul oral. Sa voix était sévère mais claire et il ne s'encombrait pas d'explications inutiles. À cause de sa stature imposante, peu de gens le trouvaient sympathique. Il y avait aussi quelque chose de très intransigeant dans ses expressions. Perle n'écoutait que d'une oreille, au sens propre comme au figuré, malgré tout elle saisit une injonction suivie d'un numéro de page. Sans se presser, elle sortit le répertoire des bouquins dont ils allaient se servir pour les cours. Chaque étudiant recevait en début d'année une tablette de 30 centimètres sur 20, qui contenait tous vos manuels selon votre cursus et votre orientation. 

Principalement constitué de photos d'oeuvres d'arts sous tous les angles, Perle commença à prendre
Willenscraft Banner rouge
connaissance du contenu des pages virtuelles avec plus ou moins d'attention. Elle fut sortie de sa concentration par la voix de Hogan qui haussa brusquement le ton. Elle se redressa et jeta un oeil autour d'elle. L'homme s'adressait à des étudiantes dont elle avait déjà oublié les noms, de l'autre côté de la salle.

« À qui est ce pad exactement ? »
Son regard était rivé sur le rectangle de plastique noir, posé sur le bureau à exactement mi-chemin entre les deux jeunes filles. Très embarrassée, l'une d'elles leva timidement la main. Il se tourna donc vers l'autre, le nez légèrement en avant.
« Et vous, qu'est-il arrivé au votre ?
_ Je ne l'ai pas encore, monsieur. »
La jeune fille semblait vouloir s'enfoncer progressivement dans le sol, au fur et à mesure que les secondes défilaient. D'ailleurs l'assemblée toute entière retenait son souffle, de manière inexplicable. Voyant le regard inquisiteur de Hogan, elle comprit qu'il attendait une explication un peu plus fournie que ce qu'elle lui avait offert.
« C'est qu'on m'a dit que le paiement de la cotisation n'était pas encore arrivé, monsieur. Les bourses sont très en retard cette année. Mais je l'aurai avant le mois prochain, c'est sûr monsieur.
_ Dites-moi, » répondit-il doucement, « je vois que vous avez un très bel agenda sur votre table, relié cuir qui plus est. Très joli. Vous avez les moyens de vous payer un tel objet mais pas votre cotisation ?»

Le visage de l'étudiante passa du rose saumon au blanc le plus blafard qui soit. Perle se souvenait l'avoir vue quelques instants plus tôt devant la porte, tenant ce fameux agenda fièrement contre sa poitrine. C'était un cadeau, pour elle c'était évident, reçu à noël peut-être. La jeune femme aux cheveux rouges se ressaisit alors. Elle ne connaissait pas cette fille, elle n'avait donc aucun intérêt à s'impliquer. Ces histoires ne la regardait pas. Elle tourna la tête et continua de regarder l'écran du lecteur d'un oeil discret. Hogan s'était arrêté de parler, il était passé à autre chose. Aucune sanction n'était tombée. Pourtant la température de la classe avait baissé de quelques degrés encore. Ce n'était pas juste la réprimande, ou juste les mots, c'était aussi le calme avec lequel cet homme avait accueilli la détresse de la jeune fille. Ses sentiments l'indifféraient. Elle se serait mise à pleurer que ça n'e l'aurait pas atteint. Et toute cette froideur... Pour un agenda ? Quelques minutes plus tard et sans que rien ne laissât présager un tel évènement, Hogan s'approcha du bureau de Perle, et plus rapide que l'éclair, se saisit de l'objet caché dans sa trousse. Perle sursauta puis resta mortifiée en entendant le reste de ses jeunes camarades se retenir de pouffer de rire. Elle sentit son visage se décomposer lorsqu'elle vit le professeur scruter son précieux gadget avec attention.

« Très intéressant... Quel dommage... »
Elle n'eut pas le temps de protester qu'il prit le boîtier entre ses deux mains et le brisa d'un seul coup par le milieu, comme on casserait une branche. Cette fois, personne n'avait envie de rire, surtout pas sa malheureuse propriétaire. Comment avait-il osé... Non, pire, comment avait-il su ? Jamais elle ne s'était fait prendre! La prudence était son maître mot, ne jamais rester plus de trois secondes les yeux collés à l'écran, laisser de préférence une minute entre chaque regard... Comment est-ce que ce type avait compris ? Et il ne s'arrêta pas là. Sur sa lancée, il parvint à saisir avec deux doigts un chewing-gum qu'un étudiant avait tenté de coller discrètement sous une table. Cette fois cela relevait carrément de l'exploit.

Tout le monde se jetait des regards en biais, sous entendant un « que personne ne bouge » général. La journée avait mal commencé. Hogan retourna au tableau afin de continuer son cours. La fin de l'heure se déroula sans trop d'incidents malgré l'ambiance plutôt lourde qui commençait à peser sur le moral de Perle, toujours occupée à faire le deuil de son pauvre lecteur. Lorsque Hogan les libéra, c'est avec un profond soupir de soulagement que tout le groupe se rua dehors, à bout de nerfs. Personne n'osa vraiment aborder ce qu'il s'était passé mais elle, elle en était ressortie persuadée que leur professeur ne pouvait pas être humain. Le cour suivant était l'option de langue, à savoir Russe pour la jeune fille. Il se déroulait dans un petit amphithéâtre où les longs bureaux étaient disposés en gradins. Leur enseignante arriva presque en retard. Madame Gorlanova était une petite femme blonde portant toujours un pince nez et un grand manteau blanc qui ressemblait de loin à la parure d'un roi. Elle balança son sac sur l'estrade avant d'adresser un salut enthousiaste à ses élèves. Elle sortit ensuite une feuille à carreaux toute simple et s'adressa à l'assemblée en russe:
« Shtô ète ? » (Qu'est-ce que c'est ?)
La moitié des élèves répondirent en coeur:
« Ète list boumagui. (C'est une feuille de papier.)
_ Alors prenez-en une! Contrôle! »

Une rumeur sourde parcourut l'amphithéâtre. La journée avait vraiment très mal commencé.

Groupe-corridor


* * *

Ce sera tout pour aujourd'hui. Comme d'habitude, vous pouvez laisser un commentaire pour m'aider à améliorer la série. N'hésitez-pas non plus à nous rejoindre sur facebook, si vous êtes intéressé par les blogs d'écriture en général. Je vous dis à demain!


Commentaires

  1. Bonjour Yon !

    Je vois que tu as travaillé les résumés et les "fiches personnages". Ça fonctionne bien pour certains épisodes (comme celui où tu rappelles que nous avons laissé Azael et Hessienne en course poursuite), mais c'est un peu plus compliqué pour d'autres. Finalement, on en apprend pas beaucoup plus sur les personnages et dans tes résumés, tu poses des questions qui augmentent la part de mystère. C'est à vous rendre fou !

    Dans cet épisode 8, je m'attendais à ce que les cours commencent enfin. Premier bon point, c'est le cas. Youpi !
    Ensuite, puisqu'on retrouve Sergueï (que l'on a vu à de nombreuses occasions maintenant, dans diverses situations qui le faisaient agir différemment), je pensais que nous en apprendrions un peu plus sur lui. Or, là, tout ce que nous savons, c'est qu'il est froid et sévère. Et nous ne l'apprenons que par le biais de la perception qu'en ont les étudiants. C'est un peu frustrant :(

    Autre point qui m'a un peu déçue, nous ne voyons rien de son cours. J'aurais aimé entendre ce dont il parle, comprendre ce qu'il enseigne et l'intérêt de la chose. Là, on ne voit le cours que par les "yeux" de Perle, qui est par ailleurs trop occupée à se distraire pour nous apprendre quoique ce soit. C'est dommage, vraiment.

    Et dernier gros problème pour moi, cette Perle justement. Encore un nouveau personnage. Depuis le début de la série, j'attends que les éléments et les personnages se croisent, qu'ils se relient et que le sens de l'histoire se profile enfin. Plus il y a de nouveaux personnages, plus il y a de questions. Mais les réponses se font trop attendre, je trouve. Je n'en peux plus !!! XD

    Voici la grosse interrogation qui me pose problème pour poursuivre ma lecture :
    Qu'est-ce que c'est que cette université (bon Dieu !) ?

    Finalement, on sent depuis le début qu'elle n'est pas classique (avec Narcisse, le livre de la liste d'appel, etc), mais on ne voit rien du tout ! On ne sait pas ce qui y est enseigné (on ne voit que des appellations de cours sans comprendre à quoi ils correspondent), les étudiants ont l'air on ne peut plus normaux, mais les enseignants sont "bizarres". Bref, que de mystère...
    Ici, Perle sent que Sergueï n'est pas humain, mais n'est-ce pas un peu gros ? Il en a vu, sans doute, en tant qu'enseignant. Non ? Il doit savoir que certains étudiants s'ennuient en cours et font autre chose que l'écouter. En quoi le fait de détecter le baladeur de la fille et de trouver un chewing-gum sous la table (d'ailleurs, je n'ai pas bien saisi ce passage), font de lui quelqu'un d'inhumain ? Tout ça ne me paraît pas très clair...

    Bref, tout ça pour dire que je m'y perds un peu et que j'aimerais qu'apparaisse maintenant le gros clash, le climax, afin de saisir le but de l'histoire :)

    Qu'en penses-tu, toi ? Tu sais où tu vas ? Tu t'en sors ?

    P.S. : Désolée pour la place que va prendre ce commentaire sur ton blog XD

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    1. Pas de soucis, le pavetage est autorisé. XD

      Je vais essayer de prendre ça en compte. Cela dit, je ne comprends pas comment tu en es arrivé à te dire que Hoffmann trouve Sergueï inhumain ni pourquoi tu dis que tous les profs sont bizarres alors que tu n'en as pas vu des masses. Ce chapitre parle plus de Perle que de Sergueï.

      En ce qui concerne le résumé et le fiche de persos, tu me dis que ça ne vas pas, ok, mais tu ne me dis pas qu'est-ce que je devrais faire pour que ça aille mieux. Il faut changer des trucs d'accord, mais quoi ?

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  2. "Personne n'osa vraiment aborder ce qu'il s'était passé mais elle, elle en était ressortie persuadée que leur professeur ne pouvait pas être humain."
    Cette phrase m'indique que Perle (pas Hoffman) pense que le prof (Sergueï donc) n'est pas humain. C'est écrit... Hoffman, c'est Aïdée, on est d'accord ? Rien à voir avec Perle donc. Je n'en ai même pas parlé dans mon commentaire, d'Aïdée...

    Pour ce qui est des enseignants que je trouve "bizarres", je pensais aussi à Narcisse, qui traîne dans l'université, et à Aïdée justement, avec ses yeux dépigmentés. Ce ne sont pas tous des enseignants, c'est vrai.

    Mes remarques t'ont semblé un peu dures apparemment, désolée. Pour les fiches perso, c'est bien de rappeler leurs caractéristiques principales. Je crois que tu ne le fais pas pour tous. Ensuite, quand tu résumes les choses, essaye d'être plus expansif (quitte à te répéter, tant pis), et moins mystérieux ! Le résumé de l'épisode 3 est très clair, celui du 7 aussi ( ;) ), mais pour ce qui est de l'épisode 5, il ne nous aide pas des masses à nous situer ^^ Je ne sais pas quoi te dire d'autre :/

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